Bernard Pivot, 82 ans, nous ouvre les coulisses de sa vie dans une autobiographie assez libre, son dernier livre : La mémoire n’en fait qu’à sa tête (Albin Michel, 2017).

Des milliers d’entrevues qu’il a réalisées avec des auteurs célèbres, français ou autres, il avait abondamment de matière pour épicer ses souvenirs. Il fut journaliste d’abord au Figaro littéraire. Il a connu ensuite infiniment plus de gloire à la télévision comme animateur des émissions littéraires Apostrophes et Bouillon de culture, diffusées au Québec via TV 5. Malheureusement quelques-uns de ses auteurs cités sont moins connus chez nous qu’en France.

Encore actif, Pivot préside depuis quelques années l’Académie Goncourt dont la presse attend chaque année avec fébrilité le verdict pour le choix du gagnant du prix littéraire. Il a été le premier journaliste à en faire partie.

Dans une pique sans doute à l’égard de l’Académie française (sourde, une rivalité existe toujours entre l’Académie et les Goncourt…)l croit qu’une langue doit évoluer plus vite que ne le fait le français pour s’adapter à la réalité.

il écrit à la page 209 : « Si elle ne veut pas se scléroser, peut-être mourir, une langue doit frémir, bouger, s’ouvrir, accepter l’usage, perdre des mots et des expressions, s’enrichir d’autres. »

Bernard Pivot, est né à Lyon. Il a toujours soutenu dans son cœur l’équipe de Lyon au football, même si parfois il admet qu’il a pu appuyer une autre équipe. Il est connu au Québec pour une dictée annuelle dédiée aux as du français attisés par les difficultés d’orthographe et les pièges phonétiques.

Son livre est facile à lire, rédigé en chapitres courts. Il contient des rapprochements astucieux et savoureux.

Mais j’ai dû ouvrir ici mon dictionnaire pour savoir ce qu’était une « coruscante virilité », c’est-à-dire étincelante. Libre à vous d’imaginer ce que vous voulez !

En 2001, Bernard Pivot a été  fait chevalier de l’Ordre national du Québec « en reconnaissance de sa contribution au rayonnement des écrivains québécois en France. »2.

Mille mercis à Robert Carrier, planificateur financier de Lévis, de m’avoir offert ce livre ! Bob et moi étions confrères au Collège de Lévis de 1952 à 1960.