Elvis Presley n’a donné que CINQ concerts hors des États-Unis : tous au Canada, pays voisin, tous en 1957, et tous avant son service militaire.

Ce furent deux à Toronto, le 2 avril de cette année-là, deux à Ottawa, le lendemain, et un à Vancouver, le 31 août. Une parenthèse s’impose ici.

Normalement, après ses deux performances à Toronto. où pensez-vous qu’Elvis aurait voulu aller dans sa première incursion au Canada ? C’était évidemment Montréal, la deuxième métropole du pays. Ses intermédiaires avaient cru avoir ficelé une entente avec l’Aréna de Verdun. L’Église catholique s’apposait à sa venue, les autorités municipales refusèrent de donner leur autorisation, c’était pour elles une année d’élections et les gérants de salle s’opposaient à louer à Elvis, de peur de dommages dans leur établissement. Note et signe du temps : l’entrée aux concerts coûta de 2,50 $ à 3,50 $.

Malgré mes 30 ans en Outaouais,  je n’ai jamais rencontré une personne de la région qui m’ait dit avoir assisté à ces concerts.

La seule spectatrice que j’ai connue beaucoup plus tard pour l’avoir fait fut Lavaloise, qui s’était déplacée en train ou par autobus pour aller l’entendre à Ottawa.  C’était plus facile à partir de Montréal, plutôt que de Québec, de s’y rendre. La distance n’était que de 200 km. Aussi, les admirateurs montréalais, on l’a vu, étaient fâchés de n’avoir pu recevoir Elvis chez eux.

Que lit-on ? Qu ceux qui ont assisté, à ce spectacle de soirée à 20 h 30, n’ont presque rien entendu, tellement le survoltage de la jeune assistance féminine enterrait la musique. Il brouillait l’audition.

Elvis Presley, de 22 ans à Ottawa, transportait avec lui un petit ourson brun et jaune, probablement pour évoquer son succès Teddy Bear, qui tournait. 

Mais les gens attendaient bien davantage Don’t be Cruel, Love me tender et Jailhouse Rock, de son premier répertoire musical.

Le soir du concert de 20 h 30 d’Elvis à l’ancien Auditorium, l’assistance se limitait aux débats du Parlement d’Ottawa à une poignée de députés, les autres étant partis l’entendre.

La vedette demeurait au Beacon Arms, un hôtel nouvellement ouvert qui avait  un certain panache au centre-ville. Elvis et son escorte avaient pris de Toronto le train de nuit. Vêtu d’un imperméable, il était arrivé vers 9 h le matin à la Gare Union d’Ottawa (aujourd’hui le Centre fédéral des conférences), devant le Château Laurier, les yeux tirés par ses deux concerts de la veille.

Un débat existe pour performance spontanée, donnée à Paris « à la fin » de son service militaire en Allemagne. Mais l’organisation Presley ne la considère pas comme un concert officiel.

Scotty Moore

Scotty Moore, légendaire guitariste accompagnateur pendant quatorze ans d’Elvis Presley de 1954 à 1968, est d’autre part décédé chez lui à 84 ans à Memphis, au Tennessee, le 28 juin 2016. Le quotidien Le Monde rapportait sa mort. Scotty était avec Elvis à Ottawa et aussi avec lui à Memphis lors de l’historique enregistrement du 5 juillet 1954 chez Sun Records de Memphis, où sur un côté du disque apparaît le premier vrai succès d’Elvis : That’s Alright (Mama), et en face B Blue Moon of Kentucky.

Bien que je connaisse un peu le piano, je ne suis incapable de déterminer quelles innovations Scotty Moore a apportées au jeu de guitare à ce moment-là !

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Scotty Moore est le guitariste à droite.

 

http://www.lapresse.ca/le-droit/dossiers/100-evenements-historiques/201301/21/01-4613251-57-elvis-le-provocateur-a-ottawa.php

Beaucoup ont dit que Scotty Moore avait « fait » la première réputation d’Elvis et éventuellement… du King ! J’attends encore le démenti à cette affirmation.


Photo principale : Elvis Presley et son escorte arrivent à Ottawa par train de nuit. de Toronto, le matin du mercredi 3 avril 1957. Crédit pour les photos : Archives de la Ville d’Ottawa.